Mentions légales    Plan du site     Administration     Physiologie Recherche Master
L'EA 4324  ORPHY (Optimisation des Régulations Physiologiques) étudie les mécanismes physiologiques participant à l’optimisation des interactions organismes-milieu  Physiology Research Master  

Sepsis et polyneuromyopathie acquise en réanimation

Sepsis et polyneuromyopathie acquise en réanimation

 

La polyneuromyopathie (PNMR) est une pathologie qui se développe chez les patients hospitalisés en unité de soins intensifs. Son incidence varie en fonction des critères de diagnostic utilisés: 25% sur des critères cliniques, supérieure à 50% en cas d’exploration électromyographique. La PNMR se caractérise par une atrophie musculaire, une faiblesse de la contraction et une hypoexcitabilité musculaire affectant en particulier les muscles appendiculaires (membres) mais aussi le diaphragme. L’atteinte diaphragmatique conduit principalement à une difficulté de sevrage de la ventilation mécanique (augmentation de la durée d’hospitalisation et des coûts induits). Dans les cas les plus sévères une défaillance cardiaque peut être observée. Cette pathologie neuromusculaire est en augmentation depuis 40 ans du fait du vieillissement de la population et des comorbidités associées. Elle est responsable de séquelles tardives plus ou moins invalidantes secondaires à la gravité de l’atteinte initiale. Différents facteurs sont impliqués dans sa physiopathologie : le sepsis per se, la réponse inflammatoire systémique avec libération de cytokines, l’alitement prolongé et la sous-utilisation musculaire. Un modèle murin de sepsis chronique par péritonite stercorale qui reproduit la faiblesse et l’hypoexcitabilité musculaire observée chez les patients est utilisé pour étudier certains aspects de la physiopathologie de la PNMR.

Immunomarquage des ATPases myofibrillaires

 

Effet du sepsis sur la contraction et l’excitabilité musculaire

Le sepsis entraîne une diminution de la force contractile liée à une atrophie musculaire et l’évolution vers un profil plus rapide ainsi qu’une augmentation de la fatigabilité du muscle entier. Au niveau de l’unité motrice (entité fonctionnelle élémentaire de la contraction), nous avons montré que le délai synaptique était augmenté sans modification du délai électromécanique ni de la vitesse de conduction. Nous avons également identifié les canaux sodiques rapides dépendant du potentiel comme responsables de ce retard au redéclenchement du potentiel d’action musculaire.

Des travaux préliminaires ont montré que le sepsis induisait une diminution de l’efficacité ventilatoire en partie liée à une diminution de la force et une majoration de la fatigabilité du diaphragme par recrutement préférentiel des fibres les plus rapides.

Lors du sepsis chronique, il a été aussi observé une surexpression des ARNm et de la protéine du canal NaV1.4 ce qui contribue à l’hypoexcitabilité membranaire musculaire.

 

Rôle des cytokines sur l’excitabilité musculaire

Les cytokines libérées dans les premières heures du sepsis jouent également un rôle sur la diminution de l’excitabilité membranaire musculaire lors de la phase initiale du sepsis par un mécanisme post-traductionnel. En effet, une étude menée in vitro sur des fibres musculaires isolées a montré les effets rapides du TNF?(Tumor necrosis factor) sur les courants sodiques, à savoir une inhibition rapide, réversible et incomplète des courants via l’activation des PKC et la phosphorylation de sites situés sur la sous-unité alpha du canal sodique. TNF? augmente également le potentiel de repos de la fibre musculaire. Ces deux effets concourent à l’hypoexcitabilité musculaire.

Les travaux en cours visent à établir la responsabilité du TNF? dans la défaillance cardiaque précoce observée dans les états septiques. Sur un modèle de cœur isolé-perfusé, TNF? diminue la force contractile cardiaque à la fois par diminution du débit coronaire mais aussi par effet direct sur les cardiomyocytes. Ses effets cardiaques sont rapides et réversibles. Les mécanismes d’action du TNF? sur le myocarde et sur les coronaires font l’objet de travaux actuels.

Lors du sepsis, il est admis qu’une réponse anti inflammatoire se met en place de manière précoce avec libération de IL-13, IL-10,… Des résultats préliminaires montrent un effet bénéfique mais inconstant de l’IL-13 selon le muscle ou le type de fibre : majoration du courant sodique, diminution de la fatigabilité. Il reste à élucider les voies intracellulaires impliquées dans les effets opposés et/ou variables de ces cytokines. L’un des pistes envisagées est l’interrelation entre espèces dérivées de l’oxygène/statut redox et cytokines.

 

Effets de biomolécules d’origine végétale à activité antioxydante et antiinflammatoire

En collaboration avec l’Université de Tunis (Laboratoire des plantes extrêmophiles, Pr Riadh Ksoury), nous testons des les propriétés antiinflammatoires et antioxydantes d’extraits d’halophytes ou des composés chimiques isolés sur des modèles cellulaires ou animaux. L’objectif est de déceler des biomolécules d’intérêt thérapeutique capables de freiner le catabolisme musculaire en partie responsable de l’atrophie musculaire et la dysfonction mitochondriale.

muscle long péronier - microscopie de fluorescence à 2 photons

génération de seconde harmonique - polarisation

 

 

Laboratoire ORPHY
UFR Sciences et Techniques, Université de Bretagne Occidentale

6 Av. Le Gorgeu  -  CS 93837
  29238 BREST Cedex 3   -   FRANCE

Directrice : C.MOISAN (+332.98.01.62.63)
Directrice adjointe: M-A.GIROUX-METGES(+332.98.01.80.67)
recherche@physiology-orphy.fr

 


Envoyer cette rubrique à un ami Imprimer cette page